.La sortie au Struthof et au Mémorial de Schirmeck, c'était beaucoup d'émotions, du recueillement en partie, du respect et de la reconnaissance de l'autre. C'était l'intérêt de découvrir le passé pour mieux le comprendre, pour rajouter une pièce au puzzle de notre vie. C'était l'intérêt de revenir un peu en arrière pour voir qu'on n'a pas le droit de se plaindre de nos vies parce que l'on découvre la misère qu'on ne connaissait pas, ou qu'on ne voulait pas connaître.
Beaucoup dirons que ce temps là est fini, qu'il n'y aura plus jamais autant de misère dans notre vie, mais qui sait si demain une guerre peut nous frapper, qui sait si demain il y aura un attentat, un génocide. Personne. Pourtant on se permet de dire que le passé est passé et que c'est au jour présent qu'il faut vivre. Certes, ils ont raison ceux qui disent ça, mais je ne crois pas que l'on doit oublier le passé si facilement. C'est un pan de notre histoire qu'on ne peut renier aussi facilement en passant un coup de balai dessus ou en y mettant le feu. Le passé ne disparaît pas, il demeure, invisible certes, mais il nous hante sans qu'on le sache. Chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde, il y a des chances que le passé nous rattrape d'une façon ou d'une autre.
Cette sortie m'aura servi à recouvrir un pan d'histoire que j'ignorais plus ou moins, ou plutôt que je voulais ignorer pour ne pas le comprendre. J'ai pris conscience que les erreurs du passé ne sont pas là pour nous blâmer, non, elles nous servent de leçons pour les jours à venir, les jours dont on doute, dont on veut oublier la précarité. L'avenir lui est encore incertain, il peut être un long passé comme il peut être une nouvelle ère. Vivons au jour le jour pour profiter de la vie à chaque instant, mais n'oublions pas ceux qui ont donné leur vie pour la nôtre, ceux qui ont donné leur vie pour notre avenir et ceux qui ensuite ont reconstruit l'histoire de leurs propres mains.
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